Urgence pour les enfants  en République Centrafricaine !

darfourParis, le 5 avril 2007 – Face à la crise qui sévit depuis plusieurs année au Darfour (Soudan) et qui s’est étendue au Tchad et depuis peu au nord de la République Centrafricaine (RCA), l’UNICEF France envoie une première aide de 300 000 € pour les enfants de RCA et lance un appel d’urgence.

En RCA, plus d’un million de personnes (soit un quart de la population) sont affectées par les violences et 212 000 personnes ont du fuir leur village, pour vivre dans la brousse dans un dénuement complet avec la peur d’être tuer. Quelque 70 000 personnes ont quitté le pays pour chercher refuge dans les pays voisins : Tchad, Soudan ou Cameroun.

« Tout indique que la situation va se dégrader davantage, il faut agir vite, avant l’arrivée de la saison des pluies » a alerté Mahimbo Mdoe, le représentant de l’UNICEF en RCA, ce matin devant la presse.

Dans les zones au Nord du pays, la sécurité s’est dégradée au point que des milices et des bandits s’attaquent continuellement à la population, brûlent des villages, terrorisent et tuent dans un climat d’impunité. Les populations traumatisées ont fui dans la brousse pour échapper aux violences et vivent dans des conditions extrêmement précaires : manque de nourriture, d’eau potable et des moyens de base pour survivre et sont exposés aux maladies. Les enfants, bien sûr, sont les plus vulnérables à la violence et les premiers à succomber aux risques et dangers.

« A Birao, une ville de 14 000 habitants, 95% de la population a fui en brousse ! La protection de la population est une urgence. Si l’on ne réagit pas maintenant, nous allons au devant d’un désastre humanitaire, » a déclaré le représentant de l’UNICEF. L’urgence est localisée dans le nord-est du pays et également Ouham, Gribingui et Kemo-Gribingui, (où 24000 personnes vivent en brousse) et, enfin, le nord-ouest où se trouvent les déplacés et où l’on déplore le développement des rapts, des actes de banditisme sur les routes, des attaques...

Pour répondre à l’urgence immédiate, l’UNICEF a besoin de 4 millions d’euros. Mais, au-delà des premiers secours, l’aide à plus long terme nécessitera un investissement plus important: dans ce vaste pays, où à l’insécurité s’ajoutent des difficultés d’acheminement de l’aide. Au total ce sont près de 9 millions d’euros qui sont nécessaires pour mettre en place une réponse adaptée aux besoins de la population. Pour l’instant seulement 22% des fonds ont été reçus.

Le pays figure déjà parmi les plus pauvres du monde, et l’instabilité y règne depuis 10 ans. Un enfant centrafricain meurt toutes les 30 minutes, la mortalité maternelle augmente et l’espérance de vie diminue. Un enfant sur 5 ne vivra pas jusqu’à son 5e anniversaire et près de 30% des enfants du pays souffrent de malnutrition chronique. La prévalence du VIH est la plus forte de la région, avec 15%.

L’UNICEF France lance un appel et débloque une première aide d’urgence de 300 000 euros pour assurer la protection des enfants centrafricains. Ce financement permettra entre autre, de mettre en place dans les semaines qui viennent une scolarisation d’urgence pour les enfants piégés par les violences.